Actualités

Les nouvelles lois sur les animaux de compagnie : ce qui change en 2024

Par Maxime
5 minutes

Un vent de nouveauté pour les maîtres et leurs compagnons

L’année 2024 marque un tournant majeur dans la réglementation entourant les animaux de compagnie en France. Les nouvelles lois votées récemment touchent aussi bien les particuliers que les professionnels, et visent à renforcer le bien-être animal tout en responsabilisant davantage les propriétaires de chiens, chats et NAC (nouveaux animaux de compagnie).

Décryptage des principaux changements et de leurs répercussions concrètes sur le quotidien.


Objectifs : lutter contre les abandons et mieux protéger les animaux

Face au triste record d’abandons et au nombre d’animaux errants ou maltraités, les autorités ont décidé d’agir. Les nouvelles lois entendent répondre à trois enjeux majeurs :

  • La prévention des achats impulsifs et des abandons
  • Le renforcement de la traçabilité et de l’identification
  • L’amélioration des conditions de vie et de santé des animaux de compagnie

Un encadrement strict de l’adoption et de la vente

Depuis le 1er janvier 2024, plusieurs dispositifs sont entrés en vigueur pour encadrer toute nouvelle adoption, que ce soit auprès de particuliers, d’éleveurs ou en refuge.

  • Contrat d’engagement obligatoire : Toute adoption ou achat d’un animal doit désormais s’accompagner de la signature d’un « contrat d’engagement responsable ». Celui-ci rappelle les besoins fondamentaux de l’animal et les devoirs du propriétaire. Il s’inspire du « permis de détention » instauré il y a quelques années pour les chiens catégorisés, mais s’étend désormais à toutes les espèces de compagnie.
  • Période de réflexion : Les animaleries et plateformes de vente en ligne sont tenues d’observer un délai de 7 jours entre la réservation et la remise de l’animal. Objectif : éviter les achats impulsifs, souvent liés à des abandons lors des vacances.
  • Informations renforcées sur les annonces : Les annonces de don ou de vente doivent mentionner clairement l’identité, le numéro d’identification de l’animal, son âge et son état de santé. Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions, y compris pour les particuliers utilisant les réseaux sociaux ou des sites spécialisés.

L’identification : un incontournable

2024 consacre la généralisation de l’identification des chiens et des chats avant toute cession, qu’il s’agisse d’une vente, d’un don ou d’un transfert d’une portée à une famille d’accueil.

  • Tous les chats de plus de 4 mois devront porter une puce électronique (ou, à défaut, un tatouage visible). Jusqu’alors, seuls les chiens étaient systématiquement contrôlés.
  • Le fichier national d’identification des carnivores domestiques est désormais interfacé avec les services vétérinaires et les associations, afin de limiter les vols et les fraudes, et de faciliter le retour à leur propriétaire des animaux perdus ou saisis.

De nouvelles règles pour les éleveurs et vendeurs

Le monde professionnel n’est pas oublié : éleveurs, pensions, éducateurs et pet-sitters doivent se conformer à des exigences renforcées.

  • Formalisation : Tout établissement doit être déclaré auprès de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations).
  • Conditions d’accueil et de soins : Les normes minimales de taille des boxes, d’accès à l’extérieur, de nombre d’animaux par espace ou de fréquence des visites vétérinaires ont été précisées.
    Les contrôles sont accrus, notamment dans les élevages intensifs ou les plateformes numériques spécialisées.
  • Limitation de la reproduction : Les portées par femelle sont désormais limitées afin de préserver la santé des mères et des petits, notamment chez les races à contre-indications médicales.

Conseils et sensibilisation : l’éducation des futurs maîtres

La loi insiste sur la sensibilisation : chaque adoptant doit désormais recevoir un guide pratique « Bien vivre avec son animal » lors de la remise de l’animal. Des modules en ligne certifiants, recommandés voire exigés dans le cas d’adoptions de certains NAC ou races réputées délicates, sont mis à disposition gratuitement sur des plateformes nationales.

Les collectivités locales multiplient quant à elles les campagnes d’information au sein des écoles, des quartiers et sur les réseaux sociaux, pour éduquer la future génération de maîtres à la notion d’engagement durable.


Lutte contre la maltraitance et l’abandon : vers des sanctions exemplaires

Le volet répressif est également durci, pour répondre à la pression de la société et des associations de défense animale.

  • Peines alourdies en cas d’abandon : L’abandon d’un animal de compagnie est désormais puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (cinq ans et 75 000 € en cas de circonstances aggravantes ou de récidive).
  • Extension du délit de maltraitance : Sont visés : la privation de soins, toute forme de violence physique ou psychologique, la zoophilie et l’organisation de combats. Les infractions sont davantage poursuivies grâce à un meilleur relais avec les forces de l’ordre et les vétérinaires.
  • Droit de délaissement : Un animal, saisi ou en grande détresse, pourra être placé plus rapidement en famille d’accueil ou en refuge si le propriétaire ne se manifeste pas ou reste défaillant, sans attendre les délais judiciaires qui pouvaient durer plusieurs semaines.

Les NAC : pas oubliés par la loi

Les nouveaux animaux de compagnie (lapins, furets, petits rongeurs, reptiles, oiseaux…) étaient jusqu’à présent souvent en marge de la réglementation. En 2024, ils entrent pleinement dans le champ des mesures.

  • Liste positive : Seules certaines espèces autorisées pourront être acquises, élevées ou reproduites en France. La liste, réévaluée chaque année, privilégie les animaux dont les besoins sont compatibles avec la vie domestique et ceux dont la détention ne présente pas de risque pour la biodiversité ou la santé publique.
  • Contrôle des importations : Un traitement sanitaire obligatoire sera imposé à toute arrivée d’animal exotique (identification, dépistage des maladies, certificat de provenance légale).

L’impact sur le budget des foyers

Ces nouveaux textes ont un impact direct sur le quotidien et les dépenses des familles.

  • Le coût de la puce ou du tatouage est à la charge du propriétaire (une cinquantaine d’euros en moyenne chez le vétérinaire), tout comme celui du guide d’adoption (souvent pris en charge ou subventionné lors d’adoptions en association).
  • Les procédures d’adoption sont renforcées : certains refuges intègrent l’entretien préalable ou la formation, parfois en visioconférence, dans la démarche.
  • Un soutien financier est prévu pour les foyers modestes souhaitant stériliser ou vacciner leur animal.

Une opportunité pour repenser la relation homme-animal

Au-delà des contraintes perçues au premier abord, les associations, les refuges et une large partie des vétérinaires saluent ces évolutions. Selon eux, elles contribueront à professionnaliser l’élevage, valoriser l’adoption responsable, et surtout, à limiter les souffrances évitables pour des milliers d’animaux chaque année.

Sur le terrain, certains ajustements sont encore nécessaires (clarification des listes d’espèces autorisées, délais de formation et de mise en pratique, modalités des contrôles). Mais l’esprit de la réforme fait déjà bouger les lignes, en invitant chaque citoyen à se poser les bonnes questions avant d’accueillir un compagnon dans son foyer.

« Adopter ou acheter un animal, c’est s’engager. La loi ne remplace pas le bon sens ni l’affection quotidienne, mais elle offre un cadre qui protège tout le monde, animaux comme humains », résume Éric, vétérinaire partenaire de la communauté Animauxauquotidien.fr.

En pratique : comment s’informer, se former et s’impliquer ?

Pour préparer l’arrivée d’un animal ou mieux comprendre vos nouveaux droits et devoirs en 2024, retrouvez toutes les fiches détaillées, guides d’entretien, et modules à la rubrique Guides pratiques sur animauxauquotidien.fr.

Échangez dans la Communauté avec d’autres propriétaires, bénévoles ou professionnels sur l’interprétation des textes, les astuces de mise en œuvre, ou pour partager votre retour d’expérience d’adoption responsable.

Comme le rappellent les bénévoles :

« C’est par le dialogue, l’information et l’entraide que nous contribuerons tous à une vie meilleure pour nos compagnons. N’hésitez pas à consulter, à demander conseil, et à relayer les campagnes de prévention autour de vous ! »


Un point clé à retenir pour conclure

L’année 2024 s’annonce décisive pour les animaux de compagnie et leur place dans la société française. Entre encadrement renforcé, prévention et meilleure reconnaissance du bien-être animal, chacun est invité à devenir acteur du changement, pour une coexistence plus respectueuse et épanouie.

Articles à lire aussi
animauxauquotidien.fr