Quand l’adoption change une vie : récit d’une nouvelle famille pour un animal de refuge
Accueillir un animal de compagnie, c’est franchir un cap dans son quotidien. Mais lorsqu’il s’agit d’ouvrir sa porte à un pensionnaire de refuge, cette aventure prend souvent une dimension particulière. Rencontre avec la famille Davière, installée à Tours, qui a choisi il y a quelques mois d’adopter Oscar, un jeune chien croisé abandonné à deux reprises. De l’attente fébrile à l’équilibre retrouvé, elle revient pour "Animauxauquotidien.fr" sur les étapes, joies et questionnements qui ont rythmé leurs premiers mois ensemble.
Décider d'adopter : entre engagement et émotions
Pour le couple, parents de deux enfants de 8 et 12 ans, la décision a mûri pendant plusieurs années. « Nous voulions offrir un vrai foyer à un animal plutôt que d'en acheter un, témoigne Sylvie, la mère de famille. Mais il a fallu attendre que notre organisation soit compatible, que les enfants soient assez autonomes et qu’on ait le temps de bien s’investir. »
Le choix du refuge s’est fait naturellement, porté par la volonté de donner une seconde chance à un compagnon malchanceux. « Les enfants ont été très impliqués dans la démarche, nous avons beaucoup discuté ensemble des contraintes, des soins, des promenades, du budget aussi », ajoute Christophe, le père. « On ne voulait pas d’acquisition impulsive. »
Le premier contact avec le refuge : de l’espoir à l’appréhension
La visite au refuge fut un moment intense. « Ce qui nous a marqués, c’est l’environnement : des aboiements, des regards qui attendent… On a pris conscience du nombre d’animaux délaissés », confie Sylvie. Après une présentation du fonctionnement de la structure, la famille découvre plusieurs chiens proposés à l’adoption. Oscar attire l’attention des enfants par son énergie, mais aussi par son histoire : jeune, vif mais craintif, il a déjà vécu deux retours au refuge en moins d’un an.
« Nous avons été guidés par une bénévole qui connaissait parfaitement le caractère de chaque animal, se souvient Christophe. Elle nous a encouragés à prendre le temps, à multiplier les rencontres, à observer les réactions d’Oscar dans différents contextes. »
L’adoption concrète : formalités et préparation de la maison
Une fois la décision prise, la famille s’est vu remettre un « contrat d’adoption responsable », expliquant les besoins journaliers du chien, ses antécédents médicaux, la nécessité d’une alimentation et de soins adaptés. « On ne repart pas avec l’animal sur un simple coup de cœur, détaille Sylvie. Nous avons été invités à réfléchir quelques jours puis à revenir pour une dernière promenade collective. »
L’équipe du refuge a également proposé une « trousse de démarrage » : un guide d’accueil, la liste du matériel à prévoir (couchage, gamelles, jouets, harnais), et les contacts de vétérinaires partenaires. Avant l’arrivée d’Oscar, la famille a sécurisé son jardin et s’est réparti les tâches : qui sort le chien, qui supervise les repas, qui s’occupe du brossage ?
L’arrivée à la maison : premiers pas, premières surprises
Le trajet de retour s’est déroulé dans le calme, Oscar blotti contre les enfants. Une fois franchie la porte, tout s’est accéléré : « Il a d’abord exploré chaque recoin, reniflé tous les meubles, puis il s’est allongé sous la table, observe Christophe. Nous avions préparé une pièce calme pour qu’il puisse s’isoler s’il en ressentait le besoin. »
Malgré les recommandations du refuge, la première nuit fut difficile : Oscar a pleuré, cherché la présence de ses nouveaux maîtres et eu du mal à trouver le sommeil. « C’est là qu’on mesure le poids du changement. Il faut beaucoup de patience, éviter de gronder et réconforter, tout en instaurant des rituels pour l’apaiser », explique Sylvie.
La période d’adaptation : hauts, bas et premiers progrès
Les premières semaines ont été ponctuées d’apprentissages mutuels. Oscar a progressivement pris ses repères : « Il fallait répéter inlassablement les mêmes gestes, les mêmes mots. Parfois, il réagissait bien, d’autres fois il se repliait ou grognait, témoigne le père. Mais chaque progrès, aussi minime soit-il, devient une source de fierté. »
La propreté a été rapidement acquise grâce à un emploi du temps rigoureux et des sorties fréquentes. Les enfants ont participé à l’éducation : apprendre à Oscar à ne pas sauter, à attendre son repas, à venir au rappel. « Nous avons suivi les conseils du refuge et consulté des tutoriels en ligne sur animauxauquotidien.fr. Cela nous a rassurés et aidés à rester cohérents dans notre approche », précise Sylvie.
Des incidents, il y en a eu : quelques objets mâchouillés, des aboiements au passage de voisins, des moments d’angoisse lors des absences. « L’essentiel est de ne jamais perdre de vue que l’animal a un passé, qu’il lui faut du temps, de l’espace et beaucoup de constance ».
Un impact sur toute la famille : organisation et liens resserrés
L’intégration d’Oscar a modifié le rythme du foyer. « On sort plus, même sous la pluie. Les enfants ont gagné en autonomie, apprennent à anticiper ses besoins, à observer son langage corporel », explique Christophe. Les promenades sont devenues des moments privilégiés de partage, et l’animal est rapidement devenu un sujet central dans les conversations.
« Cela a renforcé la cohésion familiale. Chacun est responsabilisé, mais il a fallu s’accorder, accepter de déléguer, d’adapter son emploi du temps. Pour les repas, la gestion des absences ou des sorties, il y a maintenant un vrai travail d’équipe. »
Le suivi post-adoption : accompagnement et conseils
Le refuge a assuré un suivi téléphonique les premières semaines, s’inquiétant du comportement du chien, prodiguant des conseils en cas de doutes ou de difficultés. « Nous n’avons jamais eu le sentiment d’être seuls. À chaque question, une réponse, une astuce. Certains refuges comme celui-ci proposent même des ateliers collectifs d’éducation avec d’autres adoptants, pour échanger sur nos expériences. »
La famille a aussi rejoint le forum de la « Communauté » sur animauxauquotidien.fr pour obtenir des retours de maîtres ayant vécu des situations similaires. « Cela fait du bien de lire d’autres témoignages, de relativiser et de progresser à plusieurs. »
Ce qu’apporte un animal adopté : un autre regard sur l’adoption
Après plusieurs mois de vie commune, le constat est unanime : adopter un animal de refuge n’est pas un acte anodin, mais la récompense est inestimable. « Chaque matin, Oscar nous accueille avec enthousiasme, il s’est transformé : il joue, il communique, il nous fait confiance », affirme Sylvie. « Nous avons un regard neuf sur l’attachement, la patience et la gratitude. »
Les conseils de la famille Davière :
- Bien se renseigner sur les besoins de l’animal choisi, au refuge comme à la maison.
- Ne pas hésiter à demander conseil, à s’entourer au moindre doute.
- Accepter que l’adaptation prenne du temps, et que les débuts soient parfois déstabilisants.
- Faire participer toute la famille, enfants compris, à l’arrivée et à l’éducation du nouveau venu.
- Prendre en compte le budget nécessaire : alimentation de qualité, visites vétérinaires, équipements…
- S’informer sur les solutions pratiques en cas d’absence : voisin, famille d’accueil temporaire, petsitters recommandés…
Un engagement sur la durée, pour la vie
Leur témoignage rappelle que l’adoption d’un animal abandonné est un parcours fait de responsabilités, d’apprentissages et de liens tissés jour après jour. « On ne sauve pas un animal, il nous transforme aussi. Oscar nous a appris la valeur de la persévérance et du pardon. »
"Accueillir un animal de refuge, c’est lui offrir une famille, de la stabilité et une place qu’il n’a peut-être jamais connue. L’amour n’efface pas tout le passé, mais il peut écrire une histoire différente."
Pour aller plus loin
Si vous envisagez à votre tour d’adopter, n’hésitez pas à consulter le dossier "Préparer l’adoption d’un animal de refuge" sur animauxauquotidien.fr. Rejoignez la Communauté pour poser vos questions, lire d’autres témoignages ou échanger vos propres astuces du quotidien.
Rappelez-vous : chaque adoption responsable change une vie, parfois deux.